Beauté

Un parfum seconde peau

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Un parfum d’égoïsme

Parce qu’elles portent leur parfum pour elles et non plus pour les autres, les femmes privilégient aujourd’hui les essences « seconde peau » qui révèlent leur nature et les rassurent. Du sur-mesure sensoriel.

Réassurance sensorielle

Trop d’agressions extérieures, qu’elles soient olfactives, visuelles ou sonores, provoquent en effet le besoin de recréer notre cellule primaire, comme un champ de réassurance sensorielle. Ce rapport intime que les femmes entretiennent avec leur fragrance fait le succès des parfumeurs de niche et sert de diapason aux grandes maisons. La nez Martine Denisot, qui est à l’origine de la toute jeune marque Pour toujours, a imaginé une ligne de six eaux de parfum mixtes conçues pour « susurrer à l’oreille de celles qui les portent ». Et la maison Guerlain lance, dans sa collection Les Exclusifs, un parfum qui prendra le nom que son utilisatrice lui donnera…images

Le jus à l’épreuve de la peau

Comment cette quête d’un parfum « seconde peau », d’une odeur rien qu’à soi, énergisante et rassurante, s’effectue-t-elle ? Le principal et premier critère de sélection, c’est le jus. Qu’importe le flacon, l’égérie ou les images de la campagne publicitaire. « La plupart des femmes recherchent une naturalité et une fraîcheur qui leur ressemblent », analyse Norin Chai, responsable des études marketing France pour le groupe Estée Lauder. Parmi les odeurs plébiscitées, les agrumes arrivent en tête.

Au coeur de cette rencontre entre un sillage et une femme, il y a « l’expérience ». Sentir d’abord, bien sûr, mais aussi être aidée dans son choix. Les clientes sont de moins en moins nombreuses à acheter leur flacon sur le web (24 % en 2014 contre 34 % en 2013, source : étude réalisée par le groupe Estée Lauder), tandis que le conseil sur mesure explose. À Paris, Nose propose un parcours en boutique pour trouver le parfum idéal. Les indécis (et les autres) en repartent avec plusieurs échantillons. Car le processus de décision peut prendre du temps, et mettre le jus à l’épreuve de la peau est essentiel. Certains concept stores développent même des questionnaires qui fouillent notre personnalité, nos goûts, nos voyages, nos souvenirs… Outre-Atlantique, à l’atelier MIN New York, on peut consacrer jusqu’à une heure aux clientes avant de leur proposer une ordonnance personnelle de cinq fragrances. À tester de la plus simple à la plus complexe.images (1)

Parfum, émotions et bien-être

Une quête si intime qu’elle épouse nos propres variations ? Pourquoi certains jours avons-nous envie de nous réfugier dans les fleurs blanches et d’autres, dans une senteur plus mâle, empreinte de vétiver ? « C’est notre système limbique – notre cerveau émotionnel – qui donne une étiquette aux odeurs et nous pousse à chercher celle qui sera la plus en accord avec notre humeur du moment », indique Arnaud Aubert. Enseignant-chercheur en neurosciences à l’université François-Rabelais de Tours, il a mené pour Roger & Gallet plusieurs études sur les émotions et le bien-être associés à l’utilisation de parfums. Il y a enfin « cette part de mystère qui forge l’addiction et crée la fidélité, précise Aurélien Guichard, nez chez Firmenich. C’est en portant un jus qu’on instaure une intimité ». Victor Hugo disait que « le bien que l’on fait parfume l’âme ». Et le parfum que l’on porte l’apaise.

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